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Dans le contexte d'une société québécoise vieillissante, une étude avait été conduite par les professeurs Y. Bussieres et JP Thouez, entre autres dans le but de voir comment les tendances émergentes, la taille et la composition de la société peuvent affecter les besoins en services publics de la population, particulièrement de la population âgée. La synthèse qui suit, faite par les auteurs du projet, en ressort.
Différents programmes fédéral et/ou provincial existent et permettent aux personnes âgées à faible revenu d'aménager leur logement (Chamberland et al., 1999). Ces programmes appuient le principe du soutien à domicile. La Société canadienne d'Hypothèque et de Logement (SCHL) et la Société d'Habitation du Québec (SHQ) accordent une aide financière ($ 1 250 $ 2 500) par le biais des municipalités et des municipalités régionales de comté (MRC) pour adapter leur logement (réaménagement de la cuisine, de la salle de bain, etc.) dans le cadre du programme Logements Adaptés pour Aînés Autonomes (LAAA). www.habitation.gouv.qc.ca/programmes/adapter_aines.html/
Parallèlement, le Québec a multiplié ses programmes d'aide au logement social avec l'appui des municipalités. Ainsi en est-il du programme Accès Logis développé par la SHQ et dont un des volets concerne les personnes âgées en perte d'autonomie.Consulter www.habitation.gouv.qc.ca/
La prise en compte des besoins en logement des personnes vulnérables fait l'objet de plusieurs approches au Québec, mais semble-t-il, l'approche institutionnelle est couteuse et insuffisante, d'où la recherche de solutions alternatives.
En effet, afin de favoriser les services de proximité et de soutien, certains proposent pour les banlieues le concept de collectivité, une ville dans la ville (Fortin, Despres et Vachon, 2002). Il s'agit de créer des formes urbaines de centralité pour modifier des quartiers conçus sur le modèle de banlieue typique : spécialisation des fonctions et uniformité des habitats. Construire autour d'un axe, d'un nœud ou d'un arrêt de transport en commun, la collectivité s'organise autour d'un pôle de services et d'emplois. Plusieurs interventions sont suggérées : l'ajout d'un trottoir, la réfection ou la construction de traverses piétonnières, l'ajout d'un mobilier urbain comme les abribus, les bancs ; insister aussi sur la mixité fonctionnelle, la convivialité par l'ajout de services de proximité et l'aménagement de places publiques autour des institutions comme les églises, la bibliothèque… Dans cette collectivité, devrait exister un guichet unique pour les soins et services et regroupant sous un même toit un ensemble d'organismes type communautaire proches de l'économie sociale. Un centre de loisir pourrait se juxtaposer à cet ensemble. Projet utopique ? Peut-être pas si des partenariats municipalités, ministères, organismes et secteur privé conjuguent leurs efforts pour développer des plans d'urbanisme en fonction de nouvelles conceptions de l'habitat adapté aux personnes … âgées.
Le taux d'inoccupation des résidences pour personnes âgées demeure faible, malgré la croissance des constructions. L'enquête de la SCHL d'octobre 2004 révèle que 3000 logements auraient été construits à Montréal, et que le taux d'inoccupation serait de 2,9% soit 550 unités libres sur un total de 20 000 résidences par appartements… D'après les analystes de la SCHL, il faudra suivre de près les préférences des futures cohortes d'aînés car elles pourraient opter pour d'autres formes d'hébergement. Actuellement, les pré-retraités et retraités préfèrent les immeubles et les appartements plus spacieux.
Toutefois, pour les personnes moins autonomes, incapables de demeurer chez elles, le plan d'action du MSSS pour 2010 propose de nouvelles solutions à l'accueil en Centres d'Hébergement de Soins de Longue Durée (CHSLD). Pour en savoir plus sur les CHSLD, cliquer ici: www.rrsss07.gouv.qc.ca/RRSSS/RRSSS/index_f.aspx?ArticleID=1046
Mais on constate que la demande de placement en CHSLD dépasse largement l'offre car l'on admet des aînés qui ne devraient pas s'y trouver, mais qui deviennent avec le temps des cas lourds. Par ailleurs, les hôpitaux hébergent des personnes en perte d'autonomie en attente de ressources adéquates. Enfin, le vieillissement de la population soulève le cas des personnes très âgées de 85 ans et plus, qui souffrent souvent de perte d'autonomie reliées à de graves incapacités physiques ou des déficits cognitifs sévères. Si les tendances se maintiennent, on estime qu'il manquerait d'ici peu, 2 000 places en CHSLD dans la région métropolitaine de Montréal. Actuellement, 36 000 aînés vivent dans les CHSLD au Québec dont le tiers environ à Montréal. La majorité d'entre eux, dans des CHSLD publics et une minorité dans des CHSLD privés conventionnés gérés par le privé mais soumis aux normes et conventions du secteur public (La Presse, 7 mai 2005). Or, cette forme d'hébergement coûte cher ($ 60 000 par année et par bénéficiaire, soit le double sinon plus pour les 3 000 personnes hospitalisées et en attente d'hébergement).
Un des tristes constats est aussi que, ces CHSLD sont dans l'ensemble vétustes, mal équipés et mal perçus par les aînés car la qualité de la vie y est médiocre (MSSS, 2004), d'où la recherche de formes alternatives d'hébergement d'autant plus que les services offerts aux aines en perte d'autonomie (soins infirmiers, soins et services personnels et d'assistance) pourraient être offerts à domicile ou dans des ressources alternatives.
Désengorger les CHSLD sans un financement adéquat des services à domicile, des ressources alternatives, et des aidants serait une grave erreur. L'Etat devrait moins s'occuper d'offrir lui-même les services, mais s'assurer qu'ils soient offerts selon les normes qu'il exige. Selon cette perspective, l'économie sociale, les entreprises pourraient mettre en avant des formules novatrices d'investissement et de gestion pour répondre à la diversité des besoins des aînés. Le développement de projets de partenariat public-privé (PPP) pourrait être envisagé à condition qu'il s'agisse de formules flexibles, l'Etat fixant les normes de qualité et les règles du jeu, et évaluant régulièrement les résultats.