
LE LOGEMENT DES PERSONNES AGÉES : UN VERITABLE SOUCI
En général, les personnes nouvellement retraitées ne se font pas trop de soucis dans la mesure où elles continuent à vivre dans le logement qu'elles ont acquis lorsqu'elles étaient en activité. Le problème commence à se poser lorsqu'on franchit la 75eme année de son existence et que l'on doit recourir à des services d'aide, engager des travaux d'aménagement pour se maintenir dans son logement, ou choisir de vivre en institution (Centre d'hébergement) ou dans un centre médico-social. Comment s'ajustent les pouvoirs publics et les personnes âgées pour faire face à cette nouvelle angoisse ?
L'exemple des pays européens, notamment de la France
Parcours résidentiel des personnes âgées
Le vieillissement de la population française va croissant depuis les années 80. On estime à 13 millions, le nombre de Français âgés de 60 ans et plus. Face au problème de logement, ces personnes âgées affichent des comportements divers ; comportements qui évoluent à mesure que le vieillissement s'accentue.
- Choix du domicile familial : Dans la majorité des cas, on observe que plus une personne est âgée, moins elle est encline à changer de domicile. Une étude menée en 2005 par un groupe d'étudiants de l'Ecole Nationale d'Administration (France) a montré qu'entre 1999 et 2004, seulement 1 Français de 60 ans et plus sur 7, et 1 Français de 75 ans et plus sur 14 avait déménagé ; et ce contre 1 sur 3 de l'ensemble de la population. Cela illustre la faible propension des seniors à quitter le domicile acquis lorsqu'ils étaient adultes. Ils ne le souhaitent d'ailleurs pas du tout, ce d'autant qu'ils se sentent encore en bonne santé, qu'ils sont propriétaires de leur maison et qu'ils s'y sentent bien, et qu'avec le départ de leurs enfants, les relations sociales nouées dans le quartier restent le seul réseau de soutien.
- Un pis-aller : la maison de retraite. De ce qui précède, la décision d'intégrer une maison de retraite apparait comme un crève-coeur, hantés qu'ils sont par l'idée d'y perdre leur qualité de vie ou d'y être maltraités. Cette décision concerne en général les personnes âgées de 75 ans et plus dont les potentialités physiques (incapacités), financières, psychiques, et sociales (décès du conjoint) ne permettent plus de demeurer dans le domicile familial.De plus en plus, les maisons de retraite disposent de conseilers pour orienter les personnes âgées dans leur choix. Suivre ce lien pour savoir plus. http://www.3evie.com/maison-de-retraite.php
Actions des pouvoirs publics
Maintenir les personnes âgées à domicile ou les orienter vers les centres d'hébergement ? Il n'y a pas un consensus sur la question en Europe.
- Flexibilité en Europe de l'Ouest : La politique française en matière de logement des personnes âgées est guidée par la liberté qu'a tout citoyen, fut-il une personne âgée, de choisir son lieu de vie. C'est sans doute pourquoi le souci des autorités est davantage de préserver l'autonomie des personnes âgées qui ont choisi de rester à domicile. Mais le devoir de veiller à la sécurité de tous les citoyens amène ces mêmes autorités à porter entorse au code de liberté individuelle. C'est ainsi qu'il est davantage question de "permettre aux personnes âgées de rester chez elles tant qu'elles désirent, tout en veillant au développement d'une offre d'hébergement en établissement suffisamment importante (Anonyme, 2005)". Le plan vieillissement et solidarité mis sur pied au lendemain de la canicule de l'été 2003 renforce cette option. Cette nécessité d'une programmation cohérente entre le maintien à domicile et l'offre en structure collective est largement partagée par d'autres pays comme la Belgique et l'Allemagne ou une telle politique dépasse la simple question du logement. Dans ces pays, cela suppose la mise en place des services appropriés, l'aide à l'aménagement de l'habitation existante, l'aide aux aidants naturels, l'aide à l'intégration sociale des personnes âgées handicapées ou dépendantes. Voir
http://www.ena.fr/index.php?page=ressources/rapports/seminaire_logement/personnesagees
- Rigidité en Europe du Nord : Les pays de l'Europe du nord ont fait le choix exclusif du maintien à domicile des personnes âgées. C'est le cas du Danemark qui a renoncé à la construction des logements de retraite, mais plutôt au développement de maisons adaptées aux besoins des personnes âgées. En plus de disposer des accès aménagés, ces maisons sont dotées de systèmes d'ouverture des portes semblables à ceux utilisés dans les péages routiers.
Qu'en est-il du Canada, en l'occurrence du Québec ?
Existe-t-il au Canada une politique nationale de logement qui mette en relief le droit au logement comme un droit fondamental à l'image de tous les autres droits contenus dans la Charte des Droits et Libertés ? Dispose-t-on au Québec un cadre général sur le logement des personnes âgées ?
Les réalités politique, sociale et culturelle rendent difficile toute tentative de réponse précise. On se trouverait dans une situation de ni flexibilité ni rigidité. Ce d'autant que "les programmes provinciaux sont gérés par les caisses populaires et que ... les pouvoirs publics n'investissent plus dans les résidences publiques d'habitation des personnes âgées" re: (Conseil des Aînés, 2006).
Cette situation amène plutôt à voir la nature des rapports entre les pouvoirs publics et les personnes âgées propriétaires ou locataires d'une part, et d'autre part les modes d'ajustement des personnes âgées dans leur quête de logement.
Les pouvoirs publics et les personnes âgées
- Le contexte économique les y aidant, de nombreux seniors au Québec vivent à domicile, dans les résidences unifamiliales. Mais ceux-ci ne se sentent pas encouragés ou aidés dans leur choix car les politiques municipales leur font subir de grosses pressions fiscales alors que leurs revenus monétaires ont chuté. Il existerait un programme d'aide gouvernementale adapté aux besoins financiers des personnes âgées que ces dernières appréhenderaient moins leur vieillesse.
- Pour les personnes âgées à revenus modestes et qui n'ont pas pu acquérir une propriété, il existe deux programmes :
- un programme de logements coopératifs qui donne l'accès à un toit aux seniors moins nantis. Mais ces logements répondent-ils véritablement aux attentes des personnes âgées dont la détérioration croissante de leur état de santé demande une certaine assistance permanente ?
- un programme d'habitation à loyer modique : c'est une autre remarquable mesure de soutien des pouvoirs publics au logement des personnes âgées. Mais les critères d'admission, la limitation du nombre de places, l'insuffisance des services adaptés, etc viennent comme atténuer les efforts des pouvoirs publics dans leur volonté d'adopter une politique efficace, novatrice et cohérente de logement des personnes âgées. Pour d'amples informations, veuillez consulter les sites suivants:
Les communautés au secours des pouvoirs publics
Autant le reconnaitre, les résidences pour personnes âgées se multiplient. Ces établissements privés proposent des cadres de vie adaptés aux besoins de leurs membres, et leur offrent des services variables parfois en leur langue. À Montréal par exemple, ces initiatives sont l'oeuvre des communautés culturelles. Celles-ci sont actives dans toute l'ile:
Dans le quartier Rosemont, à proximité de l'église ukrainienne, deux résidences pour personnes âgées offrent des services sur meure à des aînes de la communauté ukrainienne. Dans le quartier chinois, trois établissements ont été conçus pour une clientèle chinoise vieillissante. À Saint-Léonard qui compte une importante communauté italienne, de plus en plus de résidences sont faites pour plaire à des personnes retraitées d'origine italienne (La Presse, 2006).
Cette diversification reflète en effet le caractère multiculturel de l'agglomération de Montréal où
depuis plusieurs années, les personnes âgées se regroupent par communautés culturelles ... [à l'effet] de se rassembler avec d'autres qui parlent la même langue, partagent les mêmes coutumes, et ont les mêmes affinités religieuses' (La Presse, op cit).
Les associations de personnes gaies et lesbiennes constituent un autre groupe qui oeuvre à la construction de résidences pour les membres âgés de leur groupe. Illustration est donnée par l'Association gaie Aînés et Retraités de la Cité (ARC) qui projette de construire deux édifices de 6 et 10 étages devant comprendre 120 logements tous destinés aux personnes âgées gaies ou lesbiennes. C'est que face à l'homophobie et aux diverses discriminations dont sont victimes les personnes gaies, cette communauté voudrait par ces initiatives permettre aux
personnes âgées gaies de se retrouver avec d'autres qui pratiquent les mêmes activistes et qui ont une même expérience de vie. re: http://www.algi.qc.ca/asso/retraitesgais/.
On en apprendra davantage sur le sujet en lisant le rapport de Line Chamberland sur ''L'adaptation des services liés à l'hébergement et/ou au maintien à domicile aux besoins et aux réalités des Lesbiennes âgées''.Pour télécharger le rapport, cliquer ici: http://www.algi.qc.ca/asso/rlq-qln/
Au delà des motivations sous-tendant toutes ces initiatives, force est de constater et d'admettre qu'elles répondent a un problème social : le logement des personnes âgées.
_________________________________Rédigé le 16 juin 2006______________________________
Sources
- Anonyme,2005, Séminaire relatif au logement:le logement des personnes âgées. ENA, France
- La presse,Samedi 8 juillet 2006
- Divers liens URL sus mentionés