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par Mme L. Marchessault, Septembre 2006
Deux manchettes et deux façons très différentes d'aborder la question de la conduite automobile des aînés.
La première, coiffe un article de La Presse, ( 14 août 2006) Son auteur, Mathieu Perreault, parle d'une recherche faite à l'Université John Hopkins selon laquelle les personnes âgées privées de la conduite de leur automobile subissent une aggravation des symptômes de dépression et de démence. Selon les auteurs de cette étude parue dans l' <American Journal of Public Health> ,
on ne reconnaît pas suffisamment les difficultés qui accompagnent l'arrêt de la conduite automobile
Outre la perte de l'estime de soi les personnes se sentent dépendantes, deviennent craintives et vulnérables. Perdre son permis de conduire est un traumatisme qui peut marquer pendant des années. Conduire aurait un effet positif pour conserver actifs les aspects cognitifs chez plusieurs sujets.
Par ailleurs, disent les auteurs, il faut tenir compte du risque que peuvent constituer des personnes ayant des troubles de mémoire et autres et qui pourtant persistent à conduire leur automobile. Les conséquences de l'arrêt de la conduite automobile, selon les auteurs, affectent particulièrement la vie des femmes de plus de 75 ans, dont plusieurs n'ont jamais conduit d'auto. Elles se retrouvent avec un conjoint malade, sans pouvoir se déplacer pour faire les courses ou pour les rendez-vous médicaux; ceci est particulièrement vrai dans les milieux ruraux où les transports en commun sont inexistants. Les auteurs mentionnent une expérience intéressante de taxis collectifs pour personnes âgées qui offrent des rabais si les personnes âgées acceptent de prévoir leurs déplacements à l'avance et le covoiturage comme moyens de palier à l'absence de transports en commun.
Quant à ce qui se passe en Ohio, état sans limite d'âge pour les permis de conduire, on s'interroge sur l'utilité d'établir des limites ou des examens obligatoires à un certain âge. Selon leurs données, les aînées causeraient plus d'accidents mortels que tout autre groupe d'âge. On suggère aux membres de la famille d'examiner la voiture des parents âgés et de s'informer des marques d'accrochages... Y-a-t-il modification des habitudes de conduite? On ne prend plus l'autoroute? On hésite à prendre l'auto, le soir, par exemple?
On trouve plusieurs cliniques dans les grandes villes de l'Ohio, où l'on fait passer des tests de conduite et où on évalue les habiletés des conducteurs, mais le tout demeure facultatif. Ces examinateurs peuvent toutefois offrir des conseils sur la pertinence de continuer à conduire.
Les familles s’en réfèrent souvent à leur médecin de famille, ce qui évite les heurts entre parents et enfants.
Dans certains cas, les personnes âgées elles-mêmes prennent la décision de ne pas renouveler leur permis : décision toujours difficile à prendre; on parle même de pincement au cœur. L’homme s’adapte à toute situation dit l’un d’eux :
je commençais à trouver difficile de conduire en ville, sur les autoroutes et le soir et c’est pour cette raison que j’ai décidé de renoncer à mon permis
Il serait discriminatoire d’exiger des examens uniquement des personnes âgées de plus de 75 ans alors qu’elles ne causent pas plus d’accidents que d’autres cohortes de jeunes, par exemple, outre que les coûts pourraient s’avérer prohibitifs. Se baser uniquement sur l’âge serait insuffisant comme critère. Des adultes responsables devraient s’assurer de leur capacité physique, prendre note des changements dans leur vision, leur souplesse, leurs réflexes agir en conséquence.
Au Québec, on exige un examen de la vue à l’âge de 75 ans et, comme pour tous les conducteurs, un bon état physique et mental; exigence redemandée à 80 ans, puis aux 2 ans par la suite. En 2004, il y avait 180 0000 conducteurs de 75 ans et plus. Il y a parfois des plaintes de policiers, de membres de la famille contre certains conducteurs ce qui peut amener la SAAQ ( Société d’Assurance automobile du Québec) à demander des examens supplémentaires avant toute décision. Moins de 1000 permis sont révoqués par année chez les 75 ans et plus.
Avec l’allongement de la vie, de la vie en santé pour un grand nombre de personnes, ce sujet n’a pas fini de susciter des questionnements.