

Sujet: LA MALTRAITANCE
Conférencière: Dre Marie Beaulieu
Titulaire, Chaire de recherche
sur la maltraitance envers les personnes aînées

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La maltraitance envers les aînés:
défaire des mythes pour mieux planifier nos actions
Le Québec s’est doté d’un Plan gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées le 14 juin 2010. Ce plan quinquennal est assorti d’un budget de 20$ millions de dollars, ce qui donne au Québec le moyen de ses ambitions. Dans ce contexte, il importe de planifier nos actions collectives en misant sur les expertises uniques et sur le partage de nos actions par le biais d’actions intersectorielles. En d’autres mots, unissons-nous pour répondre adéquatement aux besoins des personnes aînées maltraitées et enrayer ce problème social. Un des freins à une saine prévention et à des actions efficaces repose dans les méconnaissances et les méconceptions associées à la maltraitance. Ainsi, il importe de commencer en brisant des mythes. Notre exposé va donc s’attaquer aux mythes au sujet de la maltraitance et exposer les modes d’action mis en valeur au Québec. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur le livre La maltraitance envers les aînés. Changer le regard paru aux Presses de l’Université Laval (PUL) en avril 2012.
Comme nous l’avons déjà mentionné, nous avons écrit à monsieur Alain Poirier, directeur National de la Santé publique, et nous avons compris dans sa réponse qu’il ne peut nous donner d’échéancier exact pour inclure le vaccin dans un programme d’immunisation pour les personnes âgées. En attendant, nous avons reçus quelques témoignages, nous en reproduisons un ci-dessous.
Expérience vécue avec le Zona
Toute jeune, j’ai été affligée d’une infection cutanée nommée le ZONA. Ce qu’on m’a expliqué, à ce moment : c’est une maladie contagieuse qui se manifeste par des démangeaisons cutanées.
Pour ma part, cette infection était localisée autour de la taille. Je me souviens vivement des difficultés éprouvées et des douleurs que cette infection suscitait. Toutefois, à mon grand malheur, ma grand-mère maternelle l’a attrapée peu après moi. Inutile de dire que je me sentais très mal d’avoir « contaminé » ma grand-mère que j’adorais. Malheureusement, lorsque ma grand-mère a vécu cette infection, elle avait 78 ans et elle avait une santé fragile. Par conséquent, elle a dû être hospitalisée. Peu de temps après elle est décédée des suites de cette infection, très difficile à vivre et à surmonter étant plus vulnérable.
Il est évident que s’il est possible de prévenir cette maladie chez les personnes âgées, par des mesures de santé publique comme la vaccination, celles-ci devraient d’une part, être connues du public et d’autre part, être disponibles comme possibilité d’immunisation, dans les plus brefs délais.
Merci.
Diane Ginette Brûlotte
Qu’est-ce qu’un aîné ?
Les aînés sont à la mode… Tout le monde s’y intéresse, on les aime, ils sont utiles, ils servent et ils contribuent dans la société. Souvent on nous demande : « Qu’est-ce donc au juste un « aîné » ? » Nous n’avons jamais trouvé une réponse satisfaisante. Peut-être parce qu’il n’y en avait pas de précise… ou parce qu’il y en avait plusieurs.
Pourtant au milieu de siècle dernier, il ne semblait pas y avoir de problème. Les choses, parait-il remontaient au chancelier Bismarck qui, après la Première Guerre mondiale, avait établi l’âge de la retraite à 65 ans. Il se basait dit-on, sur des statistiques démontrant que les gens ne vivaient en moyenne que quelques années après cet âge… Ce geste « politique » généreux fut fort apprécié à l’époque… Et suivi par l’ensemble du monde occidental. Tout semblait simple… Les actuaires se mirent à l’oeuvre… et beaucoup de travailleurs, en commençant une carrière, savaient à quoi s’attendre. Ils acceptaient d’avance leur sort et s’y résignait.
De nos jours, définir un aîné parait facile : c’est une personne qui atteint l’âge de 65 ans! Malheureusement ou « heureusement », deux facteurs vinrent changer la donne. D’abord, dans notre pays, la « charte des droits et libertés » dénonçant la discrimination à cause l’âge, « première prise de position officielle contre l’âgisme ».
En même temps apparaissait une « nouvelle longévité » : augmentation considérable du nombre de personnes de plus de 65 ans actives et en bonne santé (merci docteur!), capables de travailler.
Quel monde merveilleux s’est ouvert pour les « ainés » on ne pouvait plus mettre dehors un employé parce qu’il est vieux… Cela n’a pas duré… Nous avons par ailleurs assisté depuis 15 ans à l’apparition d’un âgisme « actif » ayant pour but non avoué de mettre de coté les personnes âgées.
Nous avons aussi été témoin d’un intérêt grandissant pour les seniors, intérêt motivé souvent par l’altruisme, mais parfois aussi (et peut-être trop souvent) par le mercantilisme. Les aînés, source de revenu et d’emploi forment maintenant un complexe géronto-industriel beaucoup plus considérable (du moins au Canada) que le fameux complexe militaro-industriel de nos voisins du Sud.
Parallèlement, définir un « aîné » au Québec est devenu beaucoup plus difficile. On distingue maintenant « selon divers besoins » deux tendances :
Il faut enfin tenir compte de l’aîné lui-même, tout d’abord de celui qui abuse de son statut d’ « aîné » pour obtenir des privilèges dont il n’a pas vraiment besoin. Par exemple, l’usage d’une canne dont il se sert pour passer en avant des files d’attentes, celui qui évoque à tout propos un âgisme dont il serait victime : « On ne m’écoute par parce que je suis vieux »… ceci rappel ce « faux racisme » souvent évoqué autrefois pour justifier l’incompétence.
Que dire enfin d’un paresseux qui n’ayant jamais rien fait de bon mentionne son âge pour excuser sont incurie et son manque de motivation. Finalement, c’est quoi une personne âgée ?
Laissons aux organismes « officiels » : corporations, état, province, ministères, le soin de définir l’aîné et ses synonymes « vieux, vieillard, personne âgée, seniors » dans leurs domaines respectifs : REER, FEER, Assurances, SAAQ etc…
Nous préférons nous abstenir. Retenons une chose, le vieillissement n’est pas une question d’arithmétique, c’est une perception à la fois subjective et objective… Essayons de trouver chez nos interlocuteurs des signes de jeunesse, nous serons étonnés du nombre de « jeunes » aux cheveux blancs. Regardons aussi à l’intérieur de nous-mêmes, nous sommes peut-être beaucoup plus jeunes que nous le pensons.
André Davignon