Archive pour août, 2010
L’euthanasie
Jeudi le 5 août 2010 par jllevesqueDe quoi parle-t-on quand on parle d’euthanasie ? Si encore on pouvait le préciser à chaque fois qu’on emploie le mot! Dans tous les cas, il s’agit d’une fin de vie ou de mort mais d’une mort « bien » selon ce que veut dire le préfixe emprunté du grec : « eu ». On dit ainsi « eulogie » pour dire un beau discours. On dit « euphémisme » pour dire un mot bien dit. On dit « euthanasie » pour parler d’une mort protégée d’éléments inhumains dont en particulier une souffrance physique ou morale d’intensité destructrice. On parlait d’euthanasie à l’époque des camps d’extermination des juifs dans les hangars d’extermination de Dachau. La mort était douce. Sans souffrance physique. Pour le moral… c’était sans doute autre chose. Le mot euthanasie a retenu une connotation inquiétante reliée à ces entreprises d’extermination sans souffrance des camps d’extermination. La force de désignation du mot reste cependant en toutes circonstances la même : bien mourir. Dans cette conception, la mort est décidée par quelqu’un d’autre que la personne qui l’expérimente. De l’extérieur on lui rendra sa mort moins pénible, mais elle sera inévitable.
Au sens, qui fut son sens premier, la mort décidée par quelqu’un d’autre, l’euthanasie est inacceptable.
Le mot euthanasie se situe dans une famille d’idées ou de concepts qui ont tous un air de famille avec la mort à l’exception du meurtre : euthanasie d’abord, suicide assisté, soins palliatifs, cessation des soins, compassion pour une souffrance dont l’issue ne peut être que la fin par l’antalgie ou la sédation. La grande différence entre suicide assisté et euthanasie réside dans le lieu de la prise de décision. Dans le cas du suicide assisté, c’est la personne qui aspire à a mort qui prend l’initiative des événements qui se solderont par sa mort. Est-ce bien ou mal? Il en va des codes moraux prévalant chez la personne qui joue ainsi sa vie et chez la personne qui prête son aide. Dans le cas de la cessation de soins ou de modifications de soins pour accentuer la sédation, il en va aussi autrement. La décision peut être prise et sera souhaitable lorsque appelée par la personne concernée, ou en cas d’inaptitude, discutée en réseau familial ou d’intimes et ne visera pas la mort, mais bien la réduction et la mise à fin de souffrances apparaissant inhumaines qui de toute façon vont entraîner la mort. C’est alors la compassion qui dicte la recommandation de sédation ou d’antalgie qui pourra ou non accélérer le processus de mortification ou le rendre moins
intolérable.
[Durée : 18 min 27 s]
« Regards croisés » est une tribune radiophonique, où, chaque mois, deux chercheurs provenant de disciplines différentes confrontent leur point de vue à propos d’un sujet d’actualité.
Jocelyne Saint-Arnaud, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, et David J. Roy, directeur du laboratoire de recherche en éthique et vieillissement à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, discutent de la confusion régnant à propos de l’euthanasie.
Il n’en reste pas moins que la mise à la disposition de tous les moyens scientifiques pour baliser le chemin des fins dernières sera une des caractéristiques de notre civilisation. Il nous faudra reprendre au terrain de la logique économique et de la logique politique et parfois de la logique dite scientifique, le terrain de la vie et de la mort, de leur sens pour la personne et de leur présence dans la société au-delà de la logique dite démographique (le poids des personnes âgées dans la charge des soins de santé), de la logique financière (à quoi servent ces vieux et vieilles qui coûtent et ne rapportent pas…sauf leur testament?) et de la logique administrative (les pratiques des fins dernières et les frais funéraires). La mort doit-elle être industrialisée comme achève de l’être, l’entrée dans la vie? À notre rapport à la vie et à la mort sera jugée notre époque comme une ère d’humanisme ou comme l’espace de l’exploitation matérielle de la vie et de la mort par les plus finauds et néodominants. À nous de jouer. [1]
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage
[1] Il faut lire, aussi, dans le journal « Forum » de l’UdeM, l’article
« Euthanasie : il faut en finir avec la confusion » publié en p.5 de l’édition du 22 mars 2010.
L’inventeur du concept d’âgisme est décédé
Jeudi le 5 août 2010 par ovs
Dr Robert Butler
NEW YORK, États-Unis – Le Dr Robert Butler, un expert du vieillissement qui a inventé la notion «d’âgisme», est décédé à New York, a annoncé sa fille Christine mardi. Il avait 83 ans. Il est mort dimanche d’une leucémie au centre médical Mount Sinai de New York, a déclaré Christine Butler.
Le Dr Butler, gérontologue et psychiatre, a fondé et dirigé l’Institut national sur le vieillissement, l’un des instituts américains de la santé. Il était également le président-fondateur du premier département de gériatrie des États-Unis, à la Mount Sinai School of Medicine. Il a écrit plusieurs livres, dont «Why Survive: Being Old in America», lauréat du prix Pulitzer en 1976.
Le Dr Butler a inventé le concept d’âgisme, ou discrimination basée sur l’âge, en 1968, et a dirigé un groupe de travail qui a étudié l’impact des préjugés sur l’âge dans un rapport publié en 2006. Le rapport abordait la discrimination basée sur l’âge dans les lieux de travail, les abus envers les aînés et le rôle des médias dans la perpétuation de ces tendances.
Il a également joué un rôle important dans les recherches qui ont montré que la sénilité n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, mais plutôt la conséquence d’une maladie, selon le site de l’International Longevity Center-USA, un centre qu’il a fondé et dont il a été le président.
Référence: La Presse, mardi 6 juillet 2010,
Priorité: L’inventeur du concept de l’âgisme est décédé
Méfiez-vous du lit !
Jeudi le 5 août 2010 par ovsUn aîné alité perd 1 à 2 % de sa masse musculaire par jour. Imaginez ce qu’il peut arriver lorsqu’une personne de 80 ans reste au lit pendant 1 ou 2 semaine. Beaucoup d’aînés perdront leur autonomie à la suite d’une hospitalisation et auront besoin par la suite de nombreux services de réadaptation. Une conséquence que semble-t-il est facile à prévenir. On a cité dans la Presse l’expérience de l’hôpital de Montmagny où des mesures très simples: placer des chaises à coté de toutes les civières aux urgences, inciter que pour les malades hospitalisés quittent leur lit plusieurs fois par jour pour s’asseoir dans leur fauteuil, mangent assis sur leur chaise. Ces méthodes implantées dans un hôpital du Québec, ont permis semble-t-il une réhabilitation sociale plus rapide des patients. Ce travail a été basé sur un document conçu par l’équipe du Dr. Marie-Jeanne Kergoat, gérontologue à l‘Institut de gériatrie de Montréal. Souhaitons que cette pratique se généralise et aide à diminuer les coûts pour notre système de sante.
Référence: La Presse, jeudi 15 juillet 2010, Priorité: aînés













