Maintien à domicile et maintien de la pertinence sociale
Publié par jllevesqueUne fois à la maison, les personnes âgées supportées par les services de tous les cercles concentriques de support; famille, amis, services municipaux de proximité, grands mouvements d’envergure nationale, services spécialisés de santé, jouissent sans doute d’un milieu favorable. Il reste cependant quelques questions fondamentales.
- Comment ces personnes vont-elles maintenir et développer une conscience d’appartenance à leur société et une conscience d’être des agents de maintien, de conservation, de développement de cette société ? La conscience civique ne trouve pas toujours dans la famille les ressources requises au maintien et au développement de la vie citoyenne. Le risque de fermeture sur un univers restreint n‘est pas une imagination.
- Comment faire apparaître et développer des réseaux de communication spécifique entre ces individus déployant leur vie dans un univers qui risque le repli sur soi. Quelque chose comme un Face Book local, régional… peut-être ?
- Il faudra développer une culture simple et efficace du laquo; self-learning »â€¦ parce que la situation nouvelle des seniors comporte tant de nouvelles réalités, tant de nouveaux défis qui font appel à des sources fiables d’information et d’interpellation. Ce qui ne sera pas facile compte tenu que la connaissance est presque entièrement abandonnée aux institutions d’enseignement et que celles-ci ne rejoignent pas l’individu en contexte domestique. Enseigner et apprendre forment souvent un couple mal assorti où le pouvoir d’une partie du couple écrase l’autre. L’enseignement requiert la presque majorité des forces… et l’apprentissage des aînés ne participe pas beaucoup au gâteau de la connaissance, distribué par les organismes ad hoc et concentré dans les ministères de l’éducation. À ce sujet, le vieux Allen Tough « How adults learn » peut être d’un certain secours.
- Une des voies de présence à la société consisterait à développer, tant dans les résidences individuelles ou familiales une culture du : « Collecteur de mémoire ». Ce qui pourrait entraîner l’établissement de petits services de la mémoire collective locale, régionale et de bien d’autres points de vue encore. Les plus jeunes ne dédaignent pas d’apprendre comment se passaient les choses avant eux. « C’était comment dans ton temps… grand papa ? » Les musées s’occupent peu de la mémoire récente. Pourtant, dans notre vie contemporaine, il y a un tel « gap » entre le passé récent et la réalité contemporaine que la fonction de la mémoire récente apparaît indispensable.
Les seniors portent en eux et elles cette mémoire qui mériterait bien d’être reconnue et valorisée. D’où l’urgence et l’intérêt de développer une institution modeste mais vive du collecteur de mémoire.
- Il faudra développer une culture « contre-âgiste ». Les personnes âgées à domicile ne seront pas moins exemptes et peut être seront-elles plus objet d’âgisme que celles qui vivent dans les foyers spécialisés. L’environnement aidant à la maison n’est pas exempt des préjugés qui leur ont été propagés dans leur enfance et qui n’ont, en de nombreux cas, jamais été revisités. À ce sujet, l’action ne vient que de commencer. Il faudrait obtenir le cahier des actes du premier colloque sur l’Âgisme (Publication de l’OVS de l’Institut de gériatrie de l’Université de Montréal.)
Oui au maintien des seniors à domicile. Non à l’inconscience. C’est la tâche d’un Observatoire que d’éclairer le moins mal possible le chemin immédiat à parcourir.
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage













