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Élections du 4 septembre 2012

Enfin le pouvoir gris à notre portée !?

Si on évalue la participation électorale et l’âge, le groupe dans lequel la proportion de votants est le plus faible est celui des 18-24 ans à 41.2%. À l’autre extrême, 74.1% des gens de 65 ans et plus vont voter. Il semble que plus une personne est âgée, plus elle est susceptible de voter. Il est fort probable que ces chiffres, obtenus pour l’élection de 2008, seront semblables pour celle du 4 septembre.

La population du Québec compte environ 7.97 millions de personnes auxquelles il faut soustraire 1.65 millions n’ayant pas le droit de vote. Ceci nous donne un total de votants de 6.32 millions. Il y a par ailleurs environ 1.7 millions de personnes de 60 ans et plus.

Le poids démographique des aînés est considérable, d’autant plus qu’ils iront voter en beaucoup plus grand nombre. Il est facile de conclure que nous avons la balance du pouvoir et beaucoup plus… Si nous allons voter évidemment!

Vous remarquerez que les politiciens vont se réveiller subitement, quelques jours avant les élections. Dans beaucoup de cas on tentera de vous rejoindre, on vous offrira même peut-être de vous transporter à l’endroit de votation.

Votez est un devoir civique, donnons l’exemple.

Maintenant pour qui voter…?

L’OVS étant un organisme apolitique, ne peut vous dire pour qui. C’est à chacun de s’informer et de se renseigner.

Posez des questions précises aux candidats que vous rencontrerez.
Par exemple leur opinion sur: l’euthanasie, les niveaux de soins dans les hôpitaux, le travail des aînés, le maintien à domicile, la maltraitance et les moyens de la prévenir, la lutte contre l’âgisme et surtout le maintien des ressources financières déjà engagées.

Votez pour qui vous voudrez, mais aller voter !

André Davignon

Qu’est-ce qu’un aîné ?

Nous nous sommes penché sur la définition du mot « aîné », mission principale de l’OVS, les dictionnaires ne nous ont pas aidé, rien de précis. Seul les décideurs semblent savoir exactement ce qu’est un aîné et donnent un âge précis: 65, 75, 80 ans… voici un résumé de nos réflexions.

Les aînés sont à la mode… Tout le monde s’y intéresse, on les aime, ils sont utiles, ils servent et ils contribuent dans la société. Souvent on nous demande : « Qu’est-ce donc au juste un « aîné » ? » Nous n’avons jamais trouvé une réponse satisfaisante. Peut-être parce qu’il n’y en avait pas de précise… ou parce qu’il y en avait plusieurs.

Pourtant au milieu de siècle dernier, il ne semblait pas y avoir de problème. Les choses, parait-il remontaient au chancelier Bismarck qui, après la Première Guerre mondiale, avait établi l’âge de la retraite à 65 ans. Il se basait dit-on, sur des statistiques démontrant que les gens ne vivaient en moyenne que quelques années après cet âge… Ce geste « politique » généreux fut fort apprécié à l’époque… Et suivi par l’ensemble du monde occidental. Tout semblait simple… Les actuaires se mirent à l’oeuvre… et beaucoup de travailleurs, en commençant une carrière, savaient à quoi s’attendre. Ils acceptaient d’avance leur sort et s’y résignait.

De nos jours, définir un aîné parait facile : c’est une personne qui atteint l’âge de 65 ans! Malheureusement ou « heureusement », deux facteurs vinrent changer la donne. D’abord, dans notre pays, la « charte des droits et libertés » dénonçant la discrimination à cause l’âge, « première prise de position officielle contre l’âgisme ».

En même temps apparaissait une « nouvelle longévité » : augmentation considérable du nombre de personnes de plus de 65 ans actives et en bonne santé (merci docteur!), capables de travailler.

Quel monde merveilleux s’est ouvert pour les « ainés » on ne pouvait plus mettre dehors un employé parce qu’il est vieux… Cela n’a pas duré… Nous avons par ailleurs assisté depuis 15 ans à l’apparition d’un âgisme « actif » ayant pour but non avoué de mettre de coté les personnes âgées.
Nous avons aussi été témoin d’un intérêt grandissant pour les seniors, intérêt motivé souvent par l’altruisme, mais parfois aussi (et peut-être trop souvent) par le mercantilisme. Les aînés, source de revenu et d’emploi forment maintenant un complexe géronto-industriel beaucoup plus considérable (du moins au Canada) que le fameux complexe militaro-industriel de nos voisins du Sud.

Parallèlement, définir un « aîné » au Québec est devenu beaucoup plus difficile. On distingue maintenant « selon divers besoins » deux tendances :

  1. Une à la baisse : Songeons qu’abaisser de 5 ans seulement (de 65 à 60 ans) l’âge de l’ « aîné » peut augmenter pour un organisme une population cible de 500 000 personnes… Mais pourquoi s’arrêter là. Définir l’aîné comme une personne de 45 ans et plus permettrait d’inclure presque la moitié de la population de notre province! Idée merveilleuse, toute entreprise ne doit-elle pas étendre davantage sa clientèle cible. Mais il y a un mais, ces « jeunes » aînés s’intéresseront-ils aux « vrais » aînés, c’est-à-dire à ceux qui ont besoin d’eux? On peut en douter connaissant la nature humaine, une fois quasi majoritaire ne s’intéresseront-ils pas plutôt à eux-mêmes ?
  2. Une à la hausse : Le problème ici est beaucoup plus complexe, il faut d’abord tenir compte du contexte social changeant dans lequel nous évoluons et celui de ses nouveaux slogans : vieillissement actif, maintien à domicile, séjour en établissement, aux soins intensifs, aux soins palliatifs… Il faut aussi tenir compte des soi-disant privilèges que l’État généreusement nous accorde : le permis de conduire, on y cible déjà les vieux. L’âge visé de 75 ans pourrait-il servir à définir ce qui est un aîné. Le droit de vote, à partir de quel degré la baisse des facultés cognitives pourra-t-elle nous enlever ce droit? Les soins médicaux « gratuits ». il est possible que le coût du maintien à domicile et des soins médicaux dépasse un jour les capacités financières de l’État. Beaucoup s’accorderont peut-être pour dire que remplacer une hanche, un genou et une valve du coeur en quelques mois chez une personne de 90 ans est exagérée… Et pourtant on en compte 55 000 au Québec. Dans ce dernier cas, il s’agit évidemment d’une personne âgée, d’un aîné, nous sommes tous d’accord. Cependant est-ce l’âge ou la maladie qui définit l’aîné.

Il faut enfin tenir compte de l’aîné lui-même, tout d’abord de celui qui abuse de son statut d’ « aîné » pour obtenir des privilèges dont il n’a pas vraiment besoin. Par exemple, l’usage d’une canne dont il se sert pour passer en avant des files d’attentes, celui qui évoque à tout propos un âgisme dont il serait victime : « On ne m’écoute par parce que je suis vieux »… ceci rappel ce « faux racisme » souvent évoqué autrefois pour justifier l’incompétence.
Que dire enfin d’un paresseux qui n’ayant jamais rien fait de bon mentionne son âge pour excuser sont incurie et son manque de motivation. Finalement, c’est quoi une personne âgée ?

Laissons aux organismes « officiels » : corporations, état, province, ministères, le soin de définir l’aîné et ses synonymes « vieux, vieillard, personne âgée, seniors » dans leurs domaines respectifs : REER, FEER, Assurances, SAAQ etc…

Nous préférons nous abstenir. Retenons une chose, le vieillissement n’est pas une question d’arithmétique, c’est une perception à la fois subjective et objective… Essayons de trouver chez nos interlocuteurs des signes de jeunesse, nous serons étonnés du nombre de « jeunes » aux cheveux blancs. Regardons aussi à l’intérieur de nous-mêmes, nous sommes peut-être beaucoup plus jeunes que nous le pensons.

André Davignon

Enfin la liberté! Fini la peur, en avant! Un peu d’optimisme!

Le bonheur est une sensation très subjective. Une enquête récente montrait que les moins heureux de notre société se situaient dans le groupe d’âge des 35 à 40 ans et qu’à partir de ce nadir le sentiment de bonheur social augmentait avec les années, finissant par rejoindre et même dépasser le niveau des adultes plus jeunes.

En fait, la plupart des gens que nous rencontrons se disent heureux… pourquoi alors ce pleurnichage continuel attribué aux personnes âgées ? Subissons-nous là aussi l’influence de notre environnement avec l’aide des médias mettant souvent l’accent sur les stéréotypes de l’âgisme. À force d’entendre parler de vieillard ébouillanté, sale, incontinent, mal nourri, traversant sans fin le désert de la solitude nous finissons par croire que ce sort sera prochainement le nôtre.

Statistiquement ce n’est pas vrai… ni l’émotion, ni les journaux ne tiennent compte des statistiques. L’immense majorité d’entre nous finira paisiblement et sereinement son existence… Cessera-t-on un jour de mettre l’accent sur le sensationnel dans des tentatives désespérées de lutter contre la baisse de lecteurs! Il ne faut évidemment pas négliger les vrais malheureux, mais on les aidera plus en leur indiquant les voies du bonheur et de la sérénité.

Pour un accès rapide au bonheur, à la portée de tous, cessons d’abord d’avoir peur, de vouloir à tout prix suivre ce « politically correct » en changement continuel; jusqu’à ce que la lumière se fasse et que la peur enfin nous quitte. Nous avons rencontré des grands-parents qui ont peur d’aller se promener avec leur petit-fils après avoir entendu un spécialiste en pédophilie dire aux mamans qu’il peut être dangereux de laisser son enfant se promener seul avec son grand-papa. Il n’est plus politically correct de parler de couleur ou d’ethnie… j’ai perdu la trace des derniers synonymes pour désigner la même chose… Il est même impossible de dire à une femme qu’elle est jolie sans risquer l’accusation de harcèlement… Pire l’employeur doit évaluer les CV d’un candidat sans connaitre: son sexe, son ethnie, sa couleur, son âge, son statut matrimonial, en somme sans avoir une idée nette de la personne avec qui il devra travailler!

Cessez d’avoir peur, il ne vous arrivera rien de fâcheux. Vous pourrez même devenir amis des personnes qui comme vous ne croient pas à ces errements. L’auteur a d’ailleurs eu l’occasion de vérifier sa théorie en engageant une collaboratrice après lui avoir donné d’abord la liste des questions à ne pas poser et qui lui seraient demandées… elle a trouvé la chose intéressante et l’entrevue a été un succès. Après avoir éliminé la « peur sociale », croyez-nous, un miracle se produira… vous aurez le goût de parler, de vous exprimer, de profiter pleinement de notre démocratie et de ses bienfaits!

Vous serez heureux! Rappelez-vous que le bonheur c’est quelque chose que l’on découvre seulement lorsqu’on l’a perdu… Partez à sa reconquête si c’est votre cas.

André Davignon

Soyons enfin réalistes

Cessons d’être toujours catastrophiste et de nous enfermer dans notre complexe de vieillard persécuté. Les journaux et les reportages sur la maltraitance donnent l’impression que les membres du Tsunami gris, dont nous faisons partie, finiront ébouillantés, mal nourris et sales dans une résidence miteuse.

Rappelons que l’immense majorité de ceux-ci sont en bonne santé, que 78 000 occupent un emploi et que 50% des gens de plus de 75 ans sont propriétaires de leur résidence et contribuent de façon substantielle à l’économie de leur municipalité. Moins de 3% des aînés iront dans un CHSLD.

L’OVS, organisme fondamentalement apolitique, se doit de souligner le fait suivant: depuis 5 ans, des centaines de millions ont été investis pour le bien-être des personnes âgées et, tout récemment, ce que nous réclamions depuis longtemps est devenu une réalité: un premier volet d’une politique gouvernementale du vieillissement intitulée  « Vieillir chez soi » a été annoncée. Nous pensons que les personnes âgées doivent maintenant regarder l’avenir d’une façon beaucoup plus optimiste.

Faisons de notre Tsunami celui de l’espérance plutôt que l’annonceur d’une catastrophe… en avant tous!

André Davignon