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Le réveil de l’apprentissage
Mardi le 31 janvier 2012 par jllevesqueRéflexion de très haut niveau
sur les nouvelles technologies…
à lire attentivement et à méditer
L’innovation technologique, plus clairement nommée « techno » devient une référence obligée. De nouveaux « gadgets », de nouvelles pratiques d’utilisation de ces gadgets et de nouveaux usages des pratiques d’utilisation de ces nouveautés sont déjà à jour. Textos et autres ont déjà crée leur place…même à la soirée du Débat des chefs. Que deviendront les seniors dans ce nouveau monde? Que deviendront aussi les nouveaux adultes et les seniors de ce monde s’ils n’ont pas quelques sentiers familiers et sécuritaires à traverser ? Deux appels se font entendre aux seniors dans ce contexte : l’apprentissage et la sagesse. La sagesse vraie…celle qui est aussi éclatante d’étonnement que d’humour. La sagesse qui révèle… qui étale les dessous…qui décrit…qui anticipe. Pas la vieille sagesse chialeuse du « dans mon temps mon p’tit gars… ».
À mon avis, il apparaît plus d’innovations techniques modifiantes de la vie courante en une année, qu’il n’en apparaissait en un siècle avant le début de celui-ci. Pour s’en donner une idée, on peut rappeler que la Revue « The Economist » publie chaque mois, une section sur les innovations techniques et technologiques : « Technology Quaterly ».
D’un numéro au quatrième suivant (car la section sur les technologies nouvelles est publiée à toutes les quatre semaines), j’en suis rendu à redouter la parution dans quatre semaines de la section Technology Quaterly. Je n’arrive pas à intégrer les découvertes et nouvelles mises en application ou les annonces des prochaines créations. Juste pour se déstabiliser un peu, voici une nomenclature de quelques développements technologiques présentés dans les sept derniers « Quaterly » (donc en 28 semaines seulement). Je ne les nomme pas tous et je suis responsable de la traduction des titres :
- L’arrivée du robot agricole
- La chirurgie qui utilise le son et la lumière
- La prochaine génération du pouvoir nucléaire
- Le pouvoir nucléaire pense petit
- Les satellites prêts pour la guerre
- L’avion électrique s’élève au ciel
- Le refilage du système nerveux
- Le tête à queue des services de livraison de l’énergie
- Les images en 3-D: pas juste pour le cinéma
- La montée de la voiture branchée
- La voiture qui se stationne elle-même
- L’annonce du rechargement sans fil de tous nos « gadgets »
et, comme il était dit à chaque matin en clôture de la lecture du martyrologe dans les bons monastères et dans une langue qui résiste à la mort : « Et alii aliorum… » ce qui veut dire et tant d’autres encore.
Cette très courte litanie (déjà vieille car plus d’une trentaine de créations ont vu le jour depuis) ressemble bien plus à une incantation de l’avenir qu’à la description du présent. Mais c’est bien du présent qu’il est question.
Est-ce en réaction ou en compétition avec le travail de The Economist que la Revue Time a inauguré une section de même conception mais spécifique au monde de la santé: Time Health dont la dernière présentation est intitulée : « La chirurgie et la montée des robots ».
Ces informations ont une portée aussi déstabilisante qu’appréciable : garder l’esprit en alerte. Un titre d’un texte de François Cardinal me semble décrire avec à point la situation: « La fin du monde (tel qu’on le connaît) est proche ». Au delà de l’étonnement et de l’inquiétude que fait naître l’étonnement, il y a l’émerveillement. Il y a l’appel à la connaissance, à l’apprentissage.
Les habitudes relatives à la connaissance ont été développées dans le cadre de l’enseignement et de l’instruction. L’autodidaxie n’avait pas bonne presse. Quand peut-on être certain de la connaissance d’un type qui a appris par lui-même…sans sanction d’un organisme reconnu par un ministère quelconque? Mais voilà que l’apprentissage reprend du galon. Il nous faudra redevenir des autodidactes soucieux de la mise au point constante du régime de nos connaissances. Et ce qui arrive à point…les moyens pour le faire sont à portée de doigt. Vous voulez savoir en quoi consiste « September University »…vous n’avez qu’à écrire « September University » dans le fenêtre de Google…et clic…vous y voilà . Et qu’y lit-on?…un propos qui convient si bien à ce court document.
J’ai traduit pour vous le merveilleux texte suivant qui concerne la réalité du vieillissement tant dans sa dimension individuelle que collective. Je ne saurais écrire mieux : « Si j’ai appris quelque chose en passant dans mes décades d’auto-éducation, c’est que les choses, (toutes choses) ne sont jamais totalement comme elles apparaissent. Bien qu’il puisse sembler que la connaissance acquise dans l’expérience de l’avancée en âge soit en valeur décroissante, l’opposé se présente avec vérité. Jamais auparavant, une perspective enracinée dans la sagesse d’une expérience réfléchie n’est apparue aussi importante pour le futur. Dans les temps préhistoriques, les humains vivaient en petits groupes et la survivance reposait entièrement sur une connaissance testée expérientiellement : choisir le mauvais sentier ou manger quelque chose de mauvais pouvait résulter dans la mort. La connaissance était critique mais la sagesse de certains individus éveillait des ouvertures qui changeaient tout pour le mieux. Savoir lire les signes des temps était crucial pour nos ancêtres comme c’est encore le cas aujourd’hui. … Jamais auparavant la lecture des signes des temps n’a été aussi essentielle et n’a-t-il été impératif que le concept de sagesse devienne une notion holistique, orientée au bien être de la famille humaine, au delà des intérêts spéciaux d’individu, groupes, corporations ou état-nation excessivement demandante. »
L’auteur, Charles D. Hayes, résume ses propos en une équation. Elle me semble d’un intérêt mythique et prend la forme suivante :
« L’âge X l’expérience X la curiosité X l’attitude =
un accroissement de la qualité de vie X une espérance pour l’humanité. ».
C’est une équation à ne pas perdre de vue pour que notre nouvelle longévité soit un bienfait pour chacun de nous, individuellement et pour toute la société. Quant à « La population vieillit … ça va coûter plus cher »… au diable!
HAYES Charles D. September University
Vigie apprentissage
L’euthanasie sociale,Une forme plus subtile de mise à mort ?
Mardi le 15 mars 2011 par jllevesqueL’euthanasie signifie tout simplement mettre « quelqu’un à mort ». La question de l’euthanasie occupe les manchettes depuis plusieurs mois. Toutes sortes de formules plus ou moins hypocrites ont été inventées pour en parler. Une d’elles, particulièrement remarquable, a fait couler beaucoup d’encre : « mourir dans la dignité ». À ce sujet, on assiste à la multiplication des mémoires, comités, articles de fond, prises de position, enquêtes vraisemblablement plus ou moins bidon. Tout le monde s’en mêle! Il faut maintenant faire très attention et toujours être strictement politically correct. Si quelqu’un osait dire qu’on cherche tout simplement, mais d’une manière socialement acceptable à tuer les vieux, il serait immédiatement mis au ban et ostracisé par les bien-pensants. Peut-être parlera-t-on même un jour « d’interruption volontaire d’existence » comme on parle maintenant avec grand sérieux d’IVG (interruption volontaire de grossesse). Le cerveau humain, a-t-on dit, peut rationaliser n’importe quoi. Pourquoi, dans cette optique, des champions d’une nouvelle technique efficace ne recevraient-ils pas un jour l’Ordre du Canada!
Mais! Il y a un mais. Pire que cette mise à mort (acceptée ou non) se dessinant à l’horizon, il est une forme d’euthanasie dont il est peu ou pas question et dont la prévalence liée intimement à l’âgisme parait augmenter : l’euthanasie sociale.
À l’échelle individuelle, cette mort sociale, consciemment ou inconsciemment programmée, commence de façon insidieuse. Elle prend son point de départ dans l’obligation de prendre une retraite anticipée. S’ensuit le fardeau de tâches allégé progressivement jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement… avec le salaire! Une fois la retraite « acceptée » voici la perte progressive des contacts professionnels. L’environnement se met en mode attente. Attente de quoi… attente des héritiers qui comptent bien que le patrimoine, votre « patrimoine » sera conservé pour qu’il le leur soit transmis. Attente de la société elle-même, faisant sentir que vous devenez un fardeau, générateur de taxes supplémentaires pour vos voisins. Peu à peu les contraintes deviennent plus fortes : examens itératifs pour le permis de conduire par exemple, avec établissement de questionnaires pour le médecin lui permettant de déceler les sujets à risque avec des questions qui paraissent anodines : kilométrage annuel, préférence pour la conduite de jour ou de nuit, solitude sociale, hygiène personnelle, force en serrant la main, etc…. Face à ces jugements dont la plupart sont subjectifs, la personne âgée a peu de chances de se défendre. Ces échéances arrivent bientôt aux deux ans, générant angoisse et sentiment d’isolement devant les règles perpétuellement changeantes d’un jeu dangereux.
L’environnement réagit dans le même sens. Si la personne âgée ouvre la bouche pour raconter quelque chose d’intéressant on lui dira, poliment ou non qu’elle se répète. Si elle ne parle pas, on pensera qu’elle est déprimée à cause de son âge.
Au début, elle ne comprend pas et puis tout à coup la vérité lui éclate à la figure : elle n’a plus sa place dans la société, on ne veut plus l’entendre, on ne veut plus qu’elle participe, elle encombre, elle coûte cher… elle devient inutile, elle ne sert à rien. Incapable d’apprendre lui dit-on.
Elle se retire progressivement, retrait qu’on lui reproche d’ailleurs. Et voilà , elle est morte! Ces personnes âgées sont des dizaines de milliers un peu partout, dans leur famille, dans des maisons de retraite de différents niveaux. On les retrouve aussi, souvent vieillards plus que vieillardes, dans les centres d’achat assis sur des bancs, buvant pendant des heures le même café, avec un regard fixe qui parfois s’allume lorsque l’un d’eux glane le sourire d’un passant. Il est prêt au sort qu’on lui destinera peut-être. Avec l’isolement social, les soins de plus en plus difficiles à obtenir, les handicaps physiques qui s’accumulent, il (et elle) sera sûrement prêt a accepter les conseils doucereux d’un « euthanatologue » lorsque l’heure sera venue.
Ceci n’est que l’aboutissement logique d’un âgisme social prévalent, infiltrant, insidieux. Est-il possible pour la société de bifurquer vers un autre climat social ? N’y a-t-il pas un dénominateur commun sur lequel il suffirait d’agir pour arrêter ce processus ? Nous croyons que oui. Pourquoi ne pas simplement appliquer un principe, universel à beaucoup de religion : « aimez-vous les uns les autres ». Peut-être qu’avec un peu d’amour les personnes âgées se sentiraient plus utiles, moins isolés, qu’elles seraient plus productives, vivraient plus longtemps, en meilleure santé et coûteraient moins cher à la société…. Pourquoi, au moins ne pas en rêver ? Tant de choses ont commencé dans le rêve. Pensons-y aussi!
André Davignon
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage
Quelques propos sur la Commission mourir dans la dignité
Mardi le 1 février 2011 par jllevesque1. Une question culturelle d’envergure nationale.
La mort ne semble plus avoir la même présence qu’autrefois dans la société québécoise. Elle était un lieu d’importance dans le discours et les pratiques religieuses et c’est aux religions que l’État reconnaissait la place de la mort. Et voilà que l’État met en place une commission sur le « mourir dans la dignité ». Ce seul fait est un phénomène d’envergure qui vient loger l’humanisme et la culture dans des préoccupations pratiques de l’État. En ce sens, La Commission est en soi un phénomène admirable. Le seul fait de rapprocher les mots mort et dignité est en soi une audace, peut-être un défi. La Commission sur la mort dans la dignité ne soulèvera peut-être pas les mouvements que peuvent soulever les débats de nature administrative ou financière, mais en soi, c’est un phénomène culturel qui mérite d’être souligné. Un État qui s’occupe du mourir de ses citoyens… ce n’est ni fréquent ni banal.
2. La dignité du mourir. Dignité de qui ?
Le libellé du titre de la Commission dirige la pensée sur la personne du mourant ou de la mourante. Le titre associe mourir et dignité. On pense aux conditions qui vont affecter cette personne et on souhaite que ces conditions soient optimales principalement en ce qui a trait au contrôle de la souffrance lorsqu’elle devient intolérable et qu’elle n’aura pas de fin autre que la mort. Il est une
pensée, peut-être seconde dans la réflexion, mais qui, à la réflexion, pourrait gagner du galon : la dignité de l’environnement; personnes et lieux, L’environnement social, familial, médical, soignant, pourraient être revisités en terme de dignité. C’est un chantier très vaste à considérer et la dignité du « mourir » y repose en très grande part.
3. Plus que l’euthanasie.
Le titre de la commission évoque facilement l’euthanasie. L’euthanasie évoque directement la criminalité de cet acte. Plusieurs citoyens et citoyennes envisagent, advenant des conditions très hostiles surtout en termes de déclin et de souffrances, d’y avoir recours. Mais voilà : l’euthanasie est un acte criminel. Suzanne Nootens a fait un bon bilan des pays où l’euthanasie a été décriminalisée et où on en a encadré la pratique par des balises qui se veulent exigeantes et précises. Il faut penser à la Belgique je crois, où on a dépénalisé l’euthanasie sans la décriminaliser civilement. Il y a bien un risque que le débat soit phagocyté par la discussion sur l’euthanasie et que toutes les tâches et attentions à porter, à la personne du mourant ou de la mourante, à l’environnement, (tant personnes que lieux que soignants et médicaux), soient minimisées. La pratique, l’extension des soins palliatifs et leurs conditions d’exercice méritent peut-être une reconsidération effective. Ne contribueraient-ils pas pour beaucoup à la présence tant pour le mourant ou la mourante que pour l’encadrement familial, social, soignant et médical…car la dignité du mourir n’est pas autant celle du mourant que celle de l’environnement dans lequel sa mort intervient?
4. Un projet fragile
L’État entreprend une démarche fragile en démarrant une Commission sur le mourir dans la dignité. C’est à son honneur de faire place à une préoccupation évidemment collective mais qui relève d’abord du culturel. Le projet est fragile compte tenu des logiques dominantes de fait et valorisées presque « subconsciemment » par les citoyens : les logiques juridiques, administratives, financières ou économiques. Mais la Commission est là . Les religions devraient y apporter, non pas pour délaïciser la démarche, mais pour la supporter. Comment ensemble, citoyens et citoyennes de toutes allégeances et cultures, pouvons-nous, avec l’aide de l’État qui a initié la démarche, faire de notre pays un espace où le mourir est l’achèvement et le couronnement d’un passage citoyen?
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage
Maintien à domicile et maintien de la pertinence sociale
Mardi le 21 décembre 2010 par jllevesqueUne fois à la maison, les personnes âgées supportées par les services de tous les cercles concentriques de support; famille, amis, services municipaux de proximité, grands mouvements d’envergure nationale, services spécialisés de santé, jouissent sans doute d’un milieu favorable. Il reste cependant quelques questions fondamentales.
- Comment ces personnes vont-elles maintenir et développer une conscience d’appartenance à leur société et une conscience d’être des agents de maintien, de conservation, de développement de cette société ? La conscience civique ne trouve pas toujours dans la famille les ressources requises au maintien et au développement de la vie citoyenne. Le risque de fermeture sur un univers restreint n‘est pas une imagination.
- Comment faire apparaître et développer des réseaux de communication spécifique entre ces individus déployant leur vie dans un univers qui risque le repli sur soi. Quelque chose comme un Face Book local, régional… peut-être ?
- Il faudra développer une culture simple et efficace du laquo; self-learning »â€¦ parce que la situation nouvelle des seniors comporte tant de nouvelles réalités, tant de nouveaux défis qui font appel à des sources fiables d’information et d’interpellation. Ce qui ne sera pas facile compte tenu que la connaissance est presque entièrement abandonnée aux institutions d’enseignement et que celles-ci ne rejoignent pas l’individu en contexte domestique. Enseigner et apprendre forment souvent un couple mal assorti où le pouvoir d’une partie du couple écrase l’autre. L’enseignement requiert la presque majorité des forces… et l’apprentissage des aînés ne participe pas beaucoup au gâteau de la connaissance, distribué par les organismes ad hoc et concentré dans les ministères de l’éducation. À ce sujet, le vieux Allen Tough « How adults learn » peut être d’un certain secours.
- Une des voies de présence à la société consisterait à développer, tant dans les résidences individuelles ou familiales une culture du : « Collecteur de mémoire ». Ce qui pourrait entraîner l’établissement de petits services de la mémoire collective locale, régionale et de bien d’autres points de vue encore. Les plus jeunes ne dédaignent pas d’apprendre comment se passaient les choses avant eux. « C’était comment dans ton temps… grand papa ? » Les musées s’occupent peu de la mémoire récente. Pourtant, dans notre vie contemporaine, il y a un tel « gap » entre le passé récent et la réalité contemporaine que la fonction de la mémoire récente apparaît indispensable.
Les seniors portent en eux et elles cette mémoire qui mériterait bien d’être reconnue et valorisée. D’où l’urgence et l’intérêt de développer une institution modeste mais vive du collecteur de mémoire.
- Il faudra développer une culture « contre-âgiste ». Les personnes âgées à domicile ne seront pas moins exemptes et peut être seront-elles plus objet d’âgisme que celles qui vivent dans les foyers spécialisés. L’environnement aidant à la maison n’est pas exempt des préjugés qui leur ont été propagés dans leur enfance et qui n’ont, en de nombreux cas, jamais été revisités. À ce sujet, l’action ne vient que de commencer. Il faudrait obtenir le cahier des actes du premier colloque sur l’Âgisme (Publication de l’OVS de l’Institut de gériatrie de l’Université de Montréal.)
Oui au maintien des seniors à domicile. Non à l’inconscience. C’est la tâche d’un Observatoire que d’éclairer le moins mal possible le chemin immédiat à parcourir.
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage













