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Le temps – Les seniors

Cinq cent mille personnes sont âgées de 75 ans et plus au Québec. La grande majorité a déjà pris une retraite programmée d’avance et est encore en « bonne santé » et active. Beaucoup se posent la question « Quoi faire et comment faire? ». Monsieur Jean-Louis Lévesque, à notre avis le grand initiateur des universités du troisième âge au Québec, aborde ce sujet important auquel il ajoute des pistes de réflexion.

Depuis la début du siècle dernier ( les années 1900), la durée moyenne de vie au Canada et au Québec s’est allongée d’une vingtaine d’années en moyenne. L’espérance de vie à la naissance est maintenant de plus de 75 ans pour les hommes et de 80 pour les femmes. En même temps que la durée de vie s’allonge, le moment du retrait du travail organisé, continu et rémunéré s’abaisse. Ce qui donne un espace de temps de vie considérable entre le retrait de ce mode de travail et la vieillesse. C’est cet espace de temps de vie, entre l’âge dit « âge mûr » et la vieillesse qu’on appelle l’âge des seniors ou des aînés.

Cet espace de vie a quelques caractéristiques différentes pour les hommes et pour les femmes. Les femmes qui ont consacré le gros de leur vie, depuis leur majorité, à l’éducation des enfants et à la marche de la famille se retrouvent dans la situation dite du « nid vide ».

Mais ce sont surtout elles qui avaient garni et maintenu le nid. Tout à coup, l’homme qui avait pourvu aux nécessités financières du nid s’y retrouve. Comment être chez-soi lorsqu’on ne part plus pour le travail à chaque matin? Les habitudes de la mère au foyer sont consolidées. Ces retrouvailles pour lesquelles, ni l’homme ni la femme ne se sont préparées dans la plupart des cas n’est pas sans créer quelques préoccupations et souvent quelques tensions.

En d’autres cas, l’homme et la femme qui ont tous les deux été actifs sur le marché du travail se verront tout à coup privés d’une place reconnue dans la société. Avant, à la question : que fais-tu, on pouvait répondre de façon valorisante : « Je suis soudeur chez… » ou « Je suis caissière chez »…Mais que répondre quand on n’a plus de rôle valorisé dans le monde du travail ?

L’homme et la femme qui entrent, seuls ou en couple, dans cette période de vie des seniors peuvent être portés à se croire entrés en période de vieillesse et à se retirer de la vie sociale. Ce n’est plus le cas comme au temps de leurs parents, les seules personnes âgées significatives qu’ils aient connues la plupart du temps. Une belle et longue période de vie les attend dans la plupart des cas. Mais ils devront s’appliquer à la remplir de façon très différente de tout ce qu’ils ont connu jusqu’ici. Comment? C’est à chaque couple et à chaque personne de s’y appliquer. On sait que plus de 85% des personnes qui ont plus de 65 ans sont dans des conditions d’autonomie fort appréciables. Mais, grâce à l’apparition de cet espace de vie accordé à un grand nombre de personnes, il devient possible d’éviter l’isolement et une certaine solitude pour, peu à peu établir de nouveaux liens propres à maintenir et développer, une vie sociale, affective et productrice.


  • Pistes de réflexion
  • Depuis la prise de retraite, si vous êtes en couple, êtes-vous très à l’aise de flâner un peu à la maison? Avez-vous l’impression d’être regardé(e)… de prendre trop de place ?
  • Croyez-vous pouvoir commencer à en parler ?
  • Avez-vous l’impression d’être entré(e) dans la vieillesse ?
  • Comment vous-sentez-vous lorsqu’on vous demande : « Puis, qu’est-ce que tu fais ? »
  • Croyez-vous vraiment à la possibilité de vivre encore plus de vingt ans ?
  • Quel est pour vous le sens de cette vie… hors du travail organisé, continu, rémunéré ?

Jean-Louis Lévesque
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Un coup de cœur pour ce numéro qui nous parait pouvoir satisfaire
une majorité des demandes des aînés.

Entendre et enfin… comprendre!

Mal entendre et refuser d’agir…
N’aidons pas l’âgisme

T é m o i g n a g e   d â€™ u n  e x – m a l e n t e n d a n t

La « malentendance » due à l’âge (presbyacousie) est présente de façon significative chez la majorité des personnes âgées après un certain âge (allant jusqu’à 90% de ceux qui vivent en institution). Elle commence de façon fort insidieuse.

D’abord remarquée en premier par l’entourage elle est niée par l’aîné, souvent pendant fort longtemps. Celui-ci reproche d’abord aux autres leur attitude qu’il peut même attribuer à l’âgisme: « ne me parlez pas si fort », « pourquoi toujours t’adresser à moi à partir d’une pièce voisine », « pourquoi venir baisser le volume de la télévision quand j’écoute mon programme »… Tranquillement on l’isole… Il s’isole socialement … Seul, il se déprime souvent devient irascible, intolérant, impatient… Il parait même parfois sortir directement d’une pièce de Molière… Comment pourrait-il alors « vieillir activement » pour employer un slogan à la mode? Il est entré dans un cercle vicieux, générateur de problèmes physiques et sociaux très couteux pour lui, sa famille et son environnement.

L’auteur aurait pu connaitre le même sort et espère que son témoignage aidera des milliers de malentendants à faire leur choix pour leur propre bien-être et pour celui de centaines d’autres.

Le tout a commencé par l’approche directe d’une amie qui me dit: « Mais vous êtes un peu sourd… Je connais bien le problème et je vous assure que la prothèse auditive que je porte a changé ma vie et celle de plusieurs de mes amis. Vous voyez, elle est presque invisible, personne ne la remarque. » Elle me montre alors le minuscule microamplificateur qu’elle porte à chaque oreille et qu’évidemment je n’avais pas remarqué…

Le soir, consultation avec ma famille dont la réaction est immédiate « Mais ça fait des mois qu’on te le dit! » Voilà c’est tout, je suis convaincu, je sors de la pièce la tête basse… Je me sens un peu plus vieux, mais ma résolution est prise.

Deux mois plus tard, je quitte le bureau de l’audioprothésiste avec une merveille technologique dans les oreilles… et ma vie change! J’écris le même jour mes impressions:

Enfin!

Je n’étais pas sourd, ou du moins je ne croyais pas l’être. À force de persuasion, j’ai fait le saut …dans l’inconnu des sons. Subitement j’entends tout et même trop, j’entends le bruit de mes semelles sur le trottoir, je constate que je me traine les pieds, je dois donc me lever les pieds plus hauts… C’est excellent. Un autobus touristique ouvert passe à côté de moi, je comprends tous les commentaires du guide

Dans la salle d’ajustement, il y avait un bruit de fond, c’était le ventilateur, on a éteint le ventilateur qui m’agaçait, le bruit de fond persistait, on n’a pu arrêter la climatisation centrale, nous serions morts de chaleur!

J’entends surtout ma propre voix, trop forte, je dois parler bas, très bas, peut-être trop bas, j’espère qu’Émilie pourra me comprendre.

Je pénètre dans le monde nouveau des « bien-entendants », un appareil invisible au sommet de l’électronique… beaucoup de contrôle. Je peux par exemple, à ma guise, augmenter la sensibilité et entendre ce que ma voisine de table dit à son amant, je suis discret, je ne le fais pas. Mon appareil auditif est devenu un instrument d’espionnage incroyable, c’est la télé photo du son.

Une fois habitué à ma propre voix, que je trouve fort désagréable, je me demande même comment ma secrétaire et mon épouse ont pu la supporter pendant aussi longtemps, surtout quand je criais. J’espère qu’elles la trouveront plus jolie maintenant que je suis obligé de parler à voix basse pour ne pas m’assourdir moi-même. J’entends bien la voix d’Émilie, mon assistante, dont je perçois maintenant toutes les harmoniques, ce qui ne nuit pas évidemment à sa personnalité! Je lui recommande donc, si elle change d’ami, de lui faire peut-être passer un test d’audition afin qu’au besoin, il puisse apprécier toute la musicalité de sa voix.

L’appareil me parait merveilleux, grâce au Bluetooth, une simple claque sur ma poitrine et c’est activé! Je réponds à mon téléphone.

J’étais un malentendant qui maintenant… entend bien!


C’était il y a 6 mois et depuis l’enchantement continue.

J’ai l’impression d’être revenu définitivement dans le monde merveilleux des sons que j’avais oublié, comme un paysage enfin au point. Que la musique parait belle, je peux enfin percevoir toute la gamme des sons lors d’un concert symphonique; le vibrato d’un violon et la richesse de la voix d’une soprano… Que c’est beau! Les objections des détracteurs qu’on entend parfois parler encore sont tombées très rapidement:

- « Tes appareils vont être visibles… » « Tu vas passer pour un vieux sourd… » « On va s’éloigner encore plus de toi… »

C’est faux, personne ne les remarque. Il est vrai que parfois le matin mon épouse me dit « tu n’as pas tes appareils!

- « …Comment le sais-tu, tu ne m’as même pas regardée dans les oreilles ? »
- « Ce n’est pas nécessaire, cela fait 3 fois que je suis obligée de te répéter la même chose. »
- « Tu ne t’habitueras pas! »

C’est faux j’oublie qu’ils sont en place… je me couche souvent avec… attention ne pas les oublier sous la douche!

-« Les batteries coûtent très cher »

Faux les prix sont raisonnables et il peut être possible pour certain de s’en procurer gratuitement.

- « Ces appareils exigent beaucoup d’entretien de nettoyage. »

Faux encore fois, pas plus long que de nettoyer ces propres oreilles.

Conclusion

Il n’y a en sommes aucune raison valable, qu’en présence d’une baisse d’audition significative on ne prennent pas les mesures nécessaires pour la corriger. Rester un malentendant équivaudrait tout simplement non seulement à entretenir l’âgisme à notre égard, mais pourrait même un jour être perçu comme une provocation de notre part envers la société. Un peu comme exiger que les journaux soient imprimés en plus gros caractère lorsque nous vieillissons au lieu de nous procurer des verres correcteurs

André Davignon

Vous avez des doutes, quoi faire ?

La recette est très simple:

Médecin de famille ORL Audioprothésiste Appareillage.

Les coûts: variables, possibilité de soutien par une fondation.