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Qui sommes-nous vraiment ?
Ceux que l’on appelle les vieux ?
- Publié par gjeliu
- le 25 août 2012
- dans la section Réflexion
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- Mots-clefs croyances, générosité, mémoire
Enfin une mise au point qui peut nous aider à nous redéfinir face à l’âgisme. Dans ce bilan positif à la fois court et complet, chaque mot compte, chaque phrase doit être lue et méditée. En somme, un témoignage venant du cœur par le Dr Jeliu, prix « grand aîné de l’OVS » pour cette année.
Objectivement, nous avons parcouru la plus grande partie de notre course terrestre et notre avenir est limité et, pour cela, d’autant plus précieux. Nous sommes donc chronologiquement définis. Mais sommes-nous définis autrement ?
Quel regard la société porte-t-elle sur nous? On nous appelle les seniors, les aînés, les « has been », les « PPH » (passera pas l’hiver) et autres noms tout aussi déplaisants. On retient de nous notre déclin corporel et mental lorsqu’il existe, notre vulnérabilité générale, notre manque d’autonomie, on nous reproche la charge sociale que certains d’entre nous représentent. On nous rabat les oreilles avec le coût excessif des soins de santé. Or, il est prouvé (dit la fédération des médecins spécialistes, qu’on ne peut accuser de parti pris) que les coûts de santé excessifs ne sont pas uniquement liés à des dépenses occasionnées par les personnes âgées.
Nous sommes tout simplement des êtres humains qui ont vécu plus longtemps que la majorité de nos congénères et nous désirons être traités comme tels. Nous sommes des personnes âgées et un grand nombre d’entre nous a participé à la prospérité de la société par notre travail et notre persévérance. Nous avons, pour certains d’entre nous, participé à la vie publique et la grande majorité d’entre nous a transmis ses gènes à ses descendants : nous avons élevé nos enfants et à ce titre seulement, participé au maintien de l’espèce. Nous détenons le savoir de l’expérience, nous connaissons maintenant beaucoup, mieux qu’au temps de notre jeunesse, le prix de la beauté gratuite, de l’amitié, des merveilles de la nature et celui de l’instant présent. Nous sommes aussi les gardiens de la mémoire familiale et historique. Cette mémoire qui fascine les jeunes – à juste titre- et leur permet de mieux naviguer dans les incertitudes du temps présent. Encore faut-il maintenir ces liens précieux d’une génération à l’autre, gage d’un avenir constructif.
Nous aimons rendre service, garder des enfants, conter des histoires aux petits qui nous écoutent émerveillés et s’en souviennent encore plusieurs années plus tard – ce qui est pour nous, singulièrement émouvant et gratifiant. Certains d’entre nous ont des capacités spécifiques potentiellement utiles et rarement exploitées.
Nous sommes parfois vulnérables, certes, mais utiles. Nos ressources sont légion, rarement reconnues ou exploitées et cela est regrettable, car cette absence de reconnaissance et d’utilité nous peine et nous repousse vers une forme d’isolement douloureux, probablement une des pires épreuves de la vie. Nous avons des ressources, mais aussi des droits qui devraient s’exercer au sein des instances décisionnelles et politiques.
Comme l’a dit François Mauriac : « Ce n’est pas parce que nous avons un pied dans la tombe qu’il faut se laisser marcher sur l’autre. »
Gloria Jeliu, MD, FRCP(c), C.M.
Professeur émérite, université de Montréal
« Grand aîné de l’OVS », 2012
Soyons enfin réalistes
- Publié par adavignon
- le 15 avr 2011
- dans la section Réflexion
- Blog Aucun commentaire.
- Mots-clefs activité, croyances, vieillesse
Cessons d’être toujours catastrophiste et de nous enfermer dans notre complexe de vieillard persécuté. Les journaux et les reportages sur la maltraitance donnent l’impression que les membres du Tsunami gris, dont nous faisons partie, finiront ébouillantés, mal nourris et sales dans une résidence miteuse.
Rappelons que l’immense majorité de ceux-ci sont en bonne santé, que 78 000 occupent un emploi et que 50% des gens de plus de 75 ans sont propriétaires de leur résidence et contribuent de façon substantielle à l’économie de leur municipalité. Moins de 3% des aînés iront dans un CHSLD.
L’OVS, organisme fondamentalement apolitique, se doit de souligner le fait suivant: depuis 5 ans, des centaines de millions ont été investis pour le bien-être des personnes âgées et, tout récemment, ce que nous réclamions depuis longtemps est devenu une réalité: un premier volet d’une politique gouvernementale du vieillissement intitulée «Â Vieillir chez soi » a été annoncée. Nous pensons que les personnes âgées doivent maintenant regarder l’avenir d’une façon beaucoup plus optimiste.
Faisons de notre Tsunami celui de l’espérance plutôt que l’annonceur d’une catastrophe… en avant tous!
André Davignon
Quelques propos sur la Commission mourir dans la dignité
- Publié par jllevesque
- le 01 fév 2011
- dans la section Apprentissage
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- Mots-clefs bien mourrir, croyances, encadrement de l'état, encadrement familial, encadrement médical, encadrement social
1. Une question culturelle d’envergure nationale.
La mort ne semble plus avoir la même présence qu’autrefois dans la société québécoise. Elle était un lieu d’importance dans le discours et les pratiques religieuses et c’est aux religions que l’État reconnaissait la place de la mort. Et voilà que l’État met en place une commission sur le « mourir dans la dignité ». Ce seul fait est un phénomène d’envergure qui vient loger l’humanisme et la culture dans des préoccupations pratiques de l’État. En ce sens, La Commission est en soi un phénomène admirable. Le seul fait de rapprocher les mots mort et dignité est en soi une audace, peut-être un défi. La Commission sur la mort dans la dignité ne soulèvera peut-être pas les mouvements que peuvent soulever les débats de nature administrative ou financière, mais en soi, c’est un phénomène culturel qui mérite d’être souligné. Un État qui s’occupe du mourir de ses citoyens… ce n’est ni fréquent ni banal.
2. La dignité du mourir. Dignité de qui ?
Le libellé du titre de la Commission dirige la pensée sur la personne du mourant ou de la mourante. Le titre associe mourir et dignité. On pense aux conditions qui vont affecter cette personne et on souhaite que ces conditions soient optimales principalement en ce qui a trait au contrôle de la souffrance lorsqu’elle devient intolérable et qu’elle n’aura pas de fin autre que la mort. Il est une
pensée, peut-être seconde dans la réflexion, mais qui, à la réflexion, pourrait gagner du galon : la dignité de l’environnement; personnes et lieux, L’environnement social, familial, médical, soignant, pourraient être revisités en terme de dignité. C’est un chantier très vaste à considérer et la dignité du « mourir » y repose en très grande part.
3. Plus que l’euthanasie.
Le titre de la commission évoque facilement l’euthanasie. L’euthanasie évoque directement la criminalité de cet acte. Plusieurs citoyens et citoyennes envisagent, advenant des conditions très hostiles surtout en termes de déclin et de souffrances, d’y avoir recours. Mais voilà : l’euthanasie est un acte criminel. Suzanne Nootens a fait un bon bilan des pays où l’euthanasie a été décriminalisée et où on en a encadré la pratique par des balises qui se veulent exigeantes et précises. Il faut penser à la Belgique je crois, où on a dépénalisé l’euthanasie sans la décriminaliser civilement. Il y a bien un risque que le débat soit phagocyté par la discussion sur l’euthanasie et que toutes les tâches et attentions à porter, à la personne du mourant ou de la mourante, à l’environnement, (tant personnes que lieux que soignants et médicaux), soient minimisées. La pratique, l’extension des soins palliatifs et leurs conditions d’exercice méritent peut-être une reconsidération effective. Ne contribueraient-ils pas pour beaucoup à la présence tant pour le mourant ou la mourante que pour l’encadrement familial, social, soignant et médical…car la dignité du mourir n’est pas autant celle du mourant que celle de l’environnement dans lequel sa mort intervient?
4. Un projet fragile
L’État entreprend une démarche fragile en démarrant une Commission sur le mourir dans la dignité. C’est à son honneur de faire place à une préoccupation évidemment collective mais qui relève d’abord du culturel. Le projet est fragile compte tenu des logiques dominantes de fait et valorisées presque « subconsciemment » par les citoyens : les logiques juridiques, administratives, financières ou économiques. Mais la Commission est là . Les religions devraient y apporter, non pas pour délaïciser la démarche, mais pour la supporter. Comment ensemble, citoyens et citoyennes de toutes allégeances et cultures, pouvons-nous, avec l’aide de l’État qui a initié la démarche, faire de notre pays un espace où le mourir est l’achèvement et le couronnement d’un passage citoyen?
Jean-Louis Lévesque
Vigie Apprentissage
« Oui j’ai peur! »
- Publié par adavignon
- le 05 oct 2010
- dans la section Au quotidien, Éthique
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- Mots-clefs bien mourrir, croyances
Les personnes âgées devraient-elles craindre l’euthanasie?
J’ai peur parce que je me sens vieux, sans défense et influençable.
J’ai peur parce que je fais partie d’une cohorte de 300 000 individus dont le nombre va toujours en augmentant.
J’ai peur parce que j’ai manqué de courage avec des dizaines de milliers d’autres pour faire entendre ma voix plus tôt.
J’ai peur parce que quand arrivera le moment fatidique, je n’aie aucune idée où je serai et comment les choses se présenteront.
Peut-être qu’avec le manque de soins pour les maladies dont je souffrirai (hanche, genoux, perte de vision etc.) il me sera de plus en plus difficile pour des raisons budgétaires de me faire traiter.
Peut-être que des spécialistes me persuaderont avec une voix douce¨que j’ai assez souffert et qu’il est préférable d’en finir.
Peut-être m’enverra-t-on tout simplement dans une des nombreuses « maisons de fin de vie ».
Peut-être que seul sur un grabat, isolé, amaigri et sale avec une couche rarement changée, après un gavage forcé (justifié par la durée réglementaire de vingt minutes par repas) appellerai-je la mort à grands cris.
Peut-être que voyant ma souffrance et par pure compassion, un infirmier fatigué d’en laver des douzaines comme moi, prendra-t-il l’initiative de mettre fin à mon existence, chose qui sera très facile parce que j’aurai probablement dû signer un permis de terminer pour être admis dans l’institution.
Peut-être que devant l’hypocrisie des proches et des : « Ca va bien, tu as l’air mieux, nous reviendrons » et qu’après avoir entendu mon visiteur dire dans le corridor à un surveillant : « Surtout ne me dérangez pas avant que tout soit fini » deviendrai-je prêt à accepter toutes les suggestions.
Peut-être que malgré mes souffrances et mon désir d’arrêter de vivre, mon médecin n’osera plus agir par peur de se faire prendre dans le piège de lois et règlements tarabiscotés.
Peut-être devrai-je crever seul comme un chien en attendant qu’un comité d’«euthanatologues» se prononce sur mon sort.
Que faire sachant que la société se trouve devant un problème quasi insoluble et qu’elle semble incapable d’énoncer une politique cohérente et acceptable sur le vieillissement.
Peut-être devrait-on demander l’opinion de la cohorte principale qui à notre connaissance ne s’est jamais prononcée sur le sujet.
Peut-être aussi faudrait-il tenir compte de cette opinion afin de rassurer ses membres au plutôt en même temps que tous les autres citoyens.
J’espère et je souhaite de tout coeur ne jamais voir un texte officiel qui aura cette allure ; que les docteurs B et B sont responsables d’une équipe de médecins mise sur pied pour que des « patients considérés comme incurables selon la meilleure évaluation humaine de leur état de santé puissent bénéficier d’une mort humanitaire ».[1]
J’espère et je continuerai d’espérer jusqu’à mon dernier souffle que tant qu’il me restera même un soupçon d’intelligence et de lucidité, ma décision finale demeurera un choix personnel fait librement.
André Davignon MD
Référence,
[1.] Extrait d’un ordre de mission en date du 1er septembre 1939 signé Adolf Hitler. Cité dans, Le livre noir de l’humanité, Encyclopédie mondiale des génocides, paru en 2001 sous la direction d’Israël W. Charny, édition Privat, page 518.
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Organisations
- ACG L’Association canadienne de gérontologie (ACG) – Revue canadienne du vieillissement
- AIDANT.CA La référence pour les proches des personnes âgées
- AQDR Association Québecoise de défense des droits de personnes retraitées et préretraitées
- AQG L’Association québécoise de gérontologie est un organisme à but non lucratif, francophone. L’AQG fait la promotion du transfert d’information et du développement des connaissances sur la population aînée.
- CLIPP Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales
- CREGES Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale
- CRIUGM Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal
- FADOQ Fédération des Clubs de l’Âge d’Or de la région de Québec
- FRSQ Fonds de la Recherche en Santé du Québec
- INTERTIC Institut de recherche et documentation en économie de la santé
- IRSC Institut de recherche en santé du Canada
- IUGM Institut universitaire de gériatrie de Montréal
- Le Bel Âge La rencontre en ligne des retraités, préretraités et boomers
- MSSS Ministère de la santé et des services sociaux (du Québec)
- REA Le Réseau Entre-aidants est un programme gratuit, bilingue et confidentiel qui relie les soignants et les familles à l’information de soutien grâce à l’utilisation du télé-apprentissage.
- Réseau Canadien de la Santé (RCS) Réseau Canadien de la Santé
- RIAQ Réseau d’information des aînés du Québec
- RQRV Réseau québécois de recherche sur le vieillissement
- seniorcopie Lettre d’informations professionnelles sur les séniors
La petite pensée du jour :